Une berbère en Asie....
Hier encore elle Révait de Partir.... Aujourd'hui, elle ne rêve plus.... son Rêve devient réalité... et elle vous le fait partager

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Echappées berbères en Asie

 

 

Aéroport d’Heathrow, à Londres, c’est l’heure du départ. J’embarque avec un jour de retard. Une journée en moins sur un périple de deux mois et demi, pourrait être comparée à une goutte d’eau qui se jette dans l’océan. Devant moi s’annonce une traversée de la Thaïlande, du Laos, du Cambodge, de la Malaisie et de Singapour. Des villes à la montagne, du Mékong aux îles paradisiaques, mon voyage va se décliner en plusieurs temps, plusieurs aventures, plusieurs décors…un voyage à la recherche de l’ailleurs, de l’autre et aussi de soi même.

 

 

En passant par la Thaïlande

 

Jour 1 : Bangkok, 7h du mat’, 20° à l’ombre. Je fais mes premiers pas, seule, dans la capitale du Siam. Mon compagnon de voyage, alias mon sac à dos, est resté à Londres. Après avoir déniché un hôtel pas cher à khao San Road, la Mecque des globetrotteurs du monde, je pars à la découverte de la ville des anges. Ici, les taxis sont colorés (roses, bleus, jaunes…), les moines prennent le métro, les temples bouddhistes vous attirent à tous les coins de rue : Wat Phra kaeo, Wat Pho, Wat Arun, les touristes  flânent dans le marché aux fleurs et moi, je me laisse tenter par  le massage thaïlandais à 280 baths l’heure (environ 5 euros) car j’ai fais ma « première » overdose de Wat et que je suis stressée de mon bagage perdu!

 

Jour 5 : Chiang Mai, nord de la Thaïlande. Une ville ancrée au pied des montagnes verdoyantes. Lieu de mes premières fois : 1er rando à dos d’éléphant, 1er match de thai-boxing, 1er massage des pieds dans une prison et 1er tchattage avec des moines fan de Karim Benzema !!! Que du bonheur !

 

Jour 8 : le temps d’une journée, j’arpente les routes sinueuses du nord sur mon scooter made in China. Cheveux aux vents et sans destination précise, je suis à la recherche du sourire thaïlandais. Sur le chemin qui mène à la région du Triangle d’or, haut-lieu du commerce d’opium, les paysages sont grandioses et attachants : cascades, rizières, montagnes aux parois verticales, villages d’ethnies montagnardes akha, karen… Dans ces villages, souvent payants, je me suis attristai du sort réservé aux « femmes girafes ». Je ne mettrai plus les pieds dans ces « zoo humain », où le touriste devient un spectateur-voyeur.

 

 

 A la poursuite du Mékong (Laos)

 

Jour 10 : Découvrir le Laos par le Mékong restera l’un de mes plus beaux souvenirs. Deux jours, sur ce fleuve mythique, à bord du slow boat qui m’emmène à Luang Prabang. Avec la douce compagnie de moines thaïlandais, de laotiens chantants et de voyageurs en quête d’aventure, j’admire les paysages montagneux qui défilent devant moi. Je savoure l’atmosphère paisible qui m’entoure et photographie pécheurs, enfants et lavandières, qui font vivre le Mékong. J’ai le sentiment de profiter de ma vie, et de ne pas la subir.

 

Jour 31 : 4000 îles : mes derniers jours dans le pays de la simplicité. Voyager au Laos, c’est faire un saut dans une autre époque. Loin de la vie occidentale, loin des routes. On apprécie chacune des minutes qui passent, au point de ne plus voir les jours défiler. De Luang Prabang à Paksé, du nord au sud, voilà plus de 3 semaines que je rêvasse sur les terres du Laos. 22 jours de spéléologie, de banana pancake, de taxi-bateau, de déambulation au cœur des montagnes, des rizières et des plantations de thé. Je laisserai « des jours de ma vie » à ce pays que je porte, aujourd’hui, dans mon cœur. Mais j’emporterai avec moi tous les souvenirs, tous les sourires et toutes les paroles que les laotiens m’ont offerts. Me vlà nostalgique du pays, alors que je ne l’ai pas encore quitté…snif, snif.

 

 

Une escale au Cambodge

 

Jour 35:  15 heures après avoir poussée ma gueulante face à des douaniers corrompus, je fais du shopping au marché de « Psar o Russei » à Phnom Penh, capitale du Cambodge. Ce matin, les villages flottants qui se situent au cœur de la ville m’ont laissés sans voix. Curieuse d’en connaitre d’avantage sur cette première escale cambodgienne, j’ai loué les services d’un taxi-moto pour la journée. J’ai découvert une ville envahit de militaires qui, malgré son triste passé, conserve un certain charme : le palais Royal, la pagode d’argent,  Vat Phnom… je n’ai pas évité le musée du génocide Tuol Sleng, ni le mémorial Killing fields érigés en mémoire des victimes des khmères rouges. Des sites qui font partie de l’histoire du Cambodge et qui me permettent de comprendre le vécu des cambodgiens.

 

Jour 39: Siem Reap, nord du Cambodge. Ancienne capitale de l’Empire khmer qui abrite l’un des sites archéologiques les plus merveilleux au monde : les temples d’Angkor. 

Munis de mon vélo et de mon pass 3 jours, j’ai admiré sous la pluie et la chaleur, au lever et au coucher du soleil, les célèbres temples : Angkor Vat, la sublime pagode… Bayon, temple aux 37 visages… Ta Prohm, temple des arbres entrelacés entre les pierres… banteay srey, la citadelle des femmes….etc. Constamment harcelée par des enfants, vendeurs de tout et n’importe quoi, j’ai décidé de consacrer mon 3ème jour au repos et à la réflexion sur la terrasse de ma guesthouse.  Que penser du Cambodge ? La population est pauvre, dépendante des aides internationales. Tous les jours, elle voit des touristes visiter les temples,  mais elle ne bénéficie pas de la manne financière que rapportent ceux-ci... Je ne sais vraiment pas quoi penser…

 

 

Méditation sur les îles thaïlandaises

 

Jour 44 : J’ai quitté, prématurément, le Cambodge. Je n’ai pas su apprécier le pays car mon corps a tiré la sonnette d’alarme « méditation et détente ».  Alors aujourd’hui,  je me retrouve sur l’île de Ko Pha Ngan, au large du golfe de Thaïlande, avec une anglaise rencontrée dans le ferry. Le soleil est au rendez-vous et les paysages sont dignes des cartes postales : plages de sable blanc, eaux bleues turquoise, palmiers, bateaux de pécheurs, hamac, petits némos qui jouent à cache-cache dans leurs anémones… Incapable de résister à l’appel de l’eau transparente et du transat, nous passons nos journées à plonger et à bronzer !!!

 

Jour 53: Voila une dizaine de jours que je me dore la pilule sur les îles de Thaïlande. Ko tao, Ko phi phi, bamboo island, ko phi lee... Des iles paradisiaques parcourues et une victime de la flémingite aigue je suis devenue !! Il m’arrive de faire une halte prés des récifs et de plonger dans l’eau tiède, avec masque et palmes, pour embêter la faune marine. Comme quoi, je ne fais pas que flemmarder !

 

Petit scoop : J’ai été à « La plage », celle de Leonardo Dicaprio dans le film du même nom. Tout simplement, magnifique ( je parle de la plage bien sûr, Léo il était pas dispo ce jour-là !)

 

Malaisie, la multiculturelle

 

Jour 58 : On m’avait déconseillé la Malaisie et j’ai découvert un pays au multiculturalisme insoupçonné. Ici, se côtoient et vivent ensemble des malais chinois, indiens, musulmans, hindous, bouddhistes, chrétiens…un melting-pot qui m’a agréablement surprise et que j’observe actuellement sur les iles Perhentian, avec 3 roumaines rencontrées à Ko phi phi. A la différence des iles thaïlandaises, celles de Malaisie sont protégées donc sauvages, naturelles et non bétonnées. Ce qui est très appréciable, surtout pour des jeunes demoiselles qui ne veulent pas bousculer leur rythme de « plageuse-bronzeuse ».

 

Jour 61 : Aventurières dans le sang, nous avons décidé de suivre deux malais, Boy et Mee, pour 3 jours de folie à KL (Kuala Lumpur, pour les non intimes). Au programme : visite des petronas tower, nuits blanches à chinatown, concerts de blues-rock, parties de billard interminables, diner dans des restaus clandestins… Une vie à l’occidentale mais en version hallal !

 

Jour 67 : J’ai quitté Malacca, ville des grands navigateurs, pour me rendre à l’extrême ouest de Malaisie. En quête d’aventure et de solitude, me voilà dans ma petite maison sur pilotis à Kukup village. J’entends le va et vient de la marée. Pas plus authentique que cet endroit. Deux jeunes étudiantes en tourisme m’ont accueillie et m’ont fait découvrir le village. Vraiment adorable. Demain, c’est opération nettoyage des ordures et visite de l’ile aux mangroves. Waouhhhhhh !!!!

 

 

Derniers jours à Singapour : Singapour, dernière étape de « la berbère en Asie ». Mon avion décolle dans deux jours. En attendant le départ, j’arpente les rues de la cité du Lion avec Thomas le belge rencontré sur les iles Tioman en Malaisie. Ses amis Singapouriens me font connaitre l’histoire du pays, les endroits à ne pas manquer et me font goûter les plats typiques de l’ile. Une bonne étoile a veillé sur moi tout au long de ce périple et je l’en remercie.

 

Paris, gare de l’Est. Jour 76. Le soleil me caresse le visage. Le TGV en partance pour Metz décolle dans 30 minutes. Je suis zen, sereine et j’ai hâte de revoir ma famille. Je connais une maman qui va être soulagée de revoir sa fille « saine et sauve ». Qu’il est bon de rentrer chez soi !

 

 

4 mois plus tard : Changement de vie professionnelle, déménagement, nouvelle perspective d’avenir…voilà les conséquences de 11 semaines de voyage hors du temps. Un voyage qui  avait pour principale ambition de me faire découvrir de nouvelles cultures, de m’échapper un temps de l’ordre des choses et qui, au final, m’en a beaucoup appris sur les inégalités de ce monde et sur ce que j’aspirai à faire de ma vie. Une sorte d’« auto-thérapie » mais avec tous les avantages d’un voyage. Une ouverture vers moi-même que j’ai aussi pu vivre grâce à vos encouragements. Alors, « Kop tchaï la laï[1] » mes lecteurs et à bientôt pour de nouvelles échappées berbères « all around the World », en souhaitant rencontrer un peu plus de voyageuses maghrébines sur les routes du monde. Bisou.

 

PS : Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles (Sénèque).

 



[1] Merci en lao


Publié à 11:15, Ajouter un commentaire
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